Pourquoi la grand-tante Louise saccage-t-elle l'appartement de sa soeur Suzanne ? Quels sont ces documents qu'elle cherche, et que contiennent ces liasses de papiers qu'elle brûle finalement dans la cuisinière ? Concernent-ils vraiment, comme le prétend Suzanne, une infamie qu'aurait commise la mère, trente ans plus tôt ? Comme se fait-il qu'au même moment le père ait dû précipitamment quitter Nice, abandonnant un cabinet de vétérinaire, un voilier, une Ford verte, une fiancée et deux chevaux, pour se retrouver à Paris sans chaussettes de rechange ? Quel est ce chantage que mettent en train les parents du petit Hervé pour extorquer l'argent de la famille ? Et où est caché cet or qu'on n'en finit pas d'enterrer et de déterrer, dont on n'a jamais pu se servir, sinon pour se plaindre qu'il soit encrassé ? D'ailleurs ce trésor trop tard obtenu n'a-t-il pas un rapport avec le cancer de la mère, qui suit de peu l'héritage ? N'y a-t-il donc rien de pire au monde, pour des parents, que d'avoir un fils soucieux de la vérité ? Hervé Gilbert devient un personnage de son livre, le temps d'une autobiographie de jeunesse qui, comme une enquête, a la charge d'étayer indices, accusations ou démentis. Mais plus fort encore, peut-être, est le trouble des ces étranges relations charnelles, étrangement inoubliables, qu'avaient inventées ses parents, et qu'il tente de retrouver dans sa vie d'adulte.
Hervé Guibert
Hervé Guibert, journaliste, écrivain, photographe, il a d'abord collaboré au journal Le Monde comme critique de photographie. Homosexuel assumé, ses livres, toujours inspirés d'expériences vécues et de sa propre histoire, ont connu un très grand succès avec le récit sans complaisance de l'évolution de son Sida dont il est mort en 1991.