Au début, il est sans doute un peu dérangeant cet amour entre ce vieil écrivain et ce très jeune homme. Mais très vite on se rend compte qu'il restera sur un plan purement platonique. Alors s'installe une véritable fascination pour chacun des mots qu'ils échangent, au cours de profondes et longues conversations, puis au fil de lettres admirables, lorsque Marcel doit quitter la ville. Car l'écrivain en question, c'est Proust bien sûr, même s'il n'est jamais nommé. Exactement au moment où naît cette passion (qui n'est pas sans évoquer un certain amour vénitien si bien conté par Thomas Mann), le jeune héros connaît l'amour, charnel celui-là, avec son beau soldat de voisin. En lieu et place des mots de la passion platonique, s'échangent ici les gestes, caresses, regards, silences de l'Amour... puis les mots aussi, lorsque le soldat regagne le front. Poésie pure, la double correspondance qui s'installe est d'une beauté fulgurante. Véritable sonate à deux voix, à la gloire de l'amour sous toutes ses formes. On ressort de cette lecture bouleversé par la double et précoce découverte – à la fois tragique et immémoriale – que vit le héros : celle de l'amour et de la mort. En l'absence des hommes nous met en présence du talent... d'autant plus remarquable que Philippe Besson signe là son premier roman. --Laure Anciel --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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L'auteur :
Philippe Besson
Philippe Besson est né en 1967 à Barbezieux, en Charente. Son père est instituteur, sa mère clerc de notaire. Il passe son enfance dans un village de 160 habitants, au-dessus d’une école de campagne, en compagnie d’un frère, d’un an son aîné.
En 1984, il entre au Lycée Montaigne de Bordeaux où il suit une prépa HEC pour entrer en 1985 à l’Ecole Supérieure de Commerce de Rouen. Il retourne à Bordeaux en 1989 pour préparer un DESS. Il vit actuellement à Paris.