Sur fond de conflits armés ayant ponctué le XXe siècle, Hommes de guerre raconte les relations amoureuses, charnelles et parfois ambivalentes de militaires dont le quotidien des tranchées est bousculé par la manifestation de phénomènes surnaturels.
« Constatant que l’inexpérience du volontaire perturbe la séance d’entraînement des autres recrues, le caporal Dwight Salinger confisque l’arme, agrippe l’étourdi par le collet de sa veste militaire et l’entraîne avec lui vers un coin isolé. Il lui décrit alors le fonctionnement de chacune des composantes du M1 Garand, lui explique comment l’entretenir afin qu’il demeure infaillible durant les escarmouches. Puis il lui remet le pistolet mitrailleur, moulant le galbe de son thorax à l’ensellure de son échine. Il appuie son menton sur l’épaule frémissante du béjaune, sa joue contre sa joue pour le guider : "La portée de cette arme peut atteindre 440 yards à une vitesse de 2800 pieds à la seconde", glisse-t-il dans le creux de son oreille.
Matthijs pivote alors pour questionner son instructeur du regard. Mais en se retournant, ses lèvres retroussées se posent sur celles de l’allié, lesquelles sont surmontées d’une fine moustache, comme chez le fougueux d’Artagnan dans Les Trois Mousquetaires.