"Lorsque nous nous sommes mis à nous écrire, je me sentis exalté d'avoir un confident de cette qualité, et lui se sentait soulagé de pouvoir enfin se confier. Son oeuvre passait tout à coup du monde des phrases dans celui du réel et je savourais le suc qu'elle recevait d'une vie cachée dont elle était la perpetuelle transposition. Ceux qui admirent Montherlant pour toutes les raisons qui le font admirer doivent me savoir gré d'avoir montré qu'elle était la source profonde de son talent - de son génie. Si cela était resté ignoré, sa statue, au regard de telles vérités, n'aurait été que de carton-pâte et son "linceul de pourpre" qu'un haillon mensonger. Il n'y a de vraie grandeur que dans la vérité. Ce n'est pas là seulement le prix de ces lettres : l'oeuvre de Montherlant, qui était déjà la plus importante de ce siècle par l'originalité de la pensée et l'éclat de la forme, y prend un relief nouveau et une couleur humaine inattendue." Roger Peyrefitte
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L'auteur :
Roger Peyrefitte
Lauréat du prix Renaudot en 1945 pour ''Les Amitiés particulières'' qui avait alors fait scandale, cet écrivain-diplomate nourri de culture antique était l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont plusieurs ont suscité une très vive polémique. Outre "les Amitiés particulières", qui dépeint des relations homosexuelles dans un pensionnat, "La fin des ambassades" fustige le milieu diplomatique, les ''Clés de Saint-Pierre'' et ''Les chevaliers de Malte'' (1961), brocardent le Vatican. Roger Peyrefitte a ensuite de nouveau abordé le thème de l'homosexualité en publiant sa correspondance avec l'écrivain Henry de Montherlant. Décédé en novembre 2000.