L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes poursuit ici l'exploration d'une veine autobiographique qui nous ramène au Japon de sa petite enfance, avant de faire revivre ses souvenirs de Pékin, New York, le Bangladesh et autres lieux où la conduit la carrière d'un père diplomate. Au coeur du kaléidoscope : la faim. La faim physique, d'abord, qui lui fait traverser les parages dangereux de la boulimie, de l'alcoolisme enfantin, de l'anorexie. Et puis le mystère de la faim, ce manque absolu, ce défaut de réalité, cette quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui peut-être explique autant l'histoire des peuples que celle des individus. Les figures du père, d'une nourrice japonaise, d'une soeur tendrement aimée, paraissent dans ce récit pudique et sincère, où derrière la romancière à succès, maniant l'humour noir et la provocation, se dessine une Amélie Nothomb plus grave, à la recherche d'elle-même parmi ses ombres.
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Amélie Nothomb
Les romans lesbiens d’Amélie Nothomb. Si vous ouvrez le dictionnaire que Michel Zumkir a consacré à notre phénomène des lettres (Amélie Nothomb de A à Z : portrait d’un monstre littéraire) vous chercherez en vain, à la lettre N, une entrée sur le lesbianisme. Et pourtant, s’il est bien un thème récurrent d’une bonne moitié de ses romans (de "Mercure" jusqu’à "Antéchrista"), c’est la problématique du « je t’aime, moi non plus » entre femmes. Journaliste butch dans "Hygiène de l’assassin", petite fille horrifiée par les carpes parce qu’elles lui font penser aux garçons dans "Métaphysique des tubes" ou encore lesbienne sadique très fem’ dans "Stupeur et tremblements", le lesbianisme est un thème qui cristallise l’inspiration de la brillante romancière belge.