Edition très intéressante de 4 pamphlets sous la Révolution française réclamant des droits pour les sodomites. On peut être bougre et citoyen !
Le premier pamphlet, Les Enfans de Sodome à l’Assemblée Nationale, se présente sous la forme d’un Cahier de Doléances issu d’un groupe d’anti-physiques, à savoir les amateurs du cul — ou culistes ou encore anti-conistes. Ce pamphlet demande à l’Assemblée Constituante d’inclure dans leurs travaux l’égalité des droits avec les fouteurs et les jean-foutre. Les sodomites, « ordre fameux » mais tranquille sont convoqués à une assemblée générale pour élire des députés et faire adopter les statuts de leur ordre. Une déclaration tonitruante de la Tabouret fait admettre les femmes sodomites et les tribades. Le discours de réception de premier élu mérite toute notre attention. Il défend ce qu’il nomme l’antiphysique contre ce que les ignorants nomment « bougrerie » et les juristes « bestialité ». Il en appelle aux Lumières pour détruire les préjugés à son égard et dresse une liste de martyrs du sabre et du goupillon, « la religion armée de son fouet politique ». Il déclare qu’en droit, le concubinage n’est pas plus naturel que l’antiphysique et que l’on doit donc accorder à tout homme le droit de s’unir et de se désunir ; et qu’en religion, Jésus a donné le chemin en indiquant Jean comme son favori.
Le décret élaboré énumère sept articles dont l’actualité reste entière. Ces articles restent avant-gardistes concernant la liberté de l’orientation sexuelle : liberté d’aller et de venir ; création d’un délit d’homophobie ; liberté d’user d’un sexe ou d’un autre, égalité d’accès et de traitement pour les malades ; lancement des études gaies et lesbiennes par l’impression d’un « traité élémentaire de l’antiphysique ». Le dernier lance les fondations de la constitution de l’ordre à l’image de l’Assemblée nationale.