André glissa le bras droit sous le traversin.
"Ne pleure pas, Maurice, ne pleure pas..."
De sa main gauche il tenait son sexe, palpitant encore du souvenir de Laurence.
"...Nous, au moins, ce n'est pas dégoûtant : c'est petit."
Puis cette main gauche glissa sur les cuisses de son ami. D'un geste qu'il tâcha de rendre maladroit, il écarta les deux chemises.
"Oh ! Pardon...!"
Maurice sursauta.
"...Oh ! pardon, je t'ai fait mal ?
- Non !"
Ce mot s'entendit à peine. Les paupières écarquillées, le regard égaré, le souffle court, Maurice fixait le plafond. Il ne protesta pas contre les caresses d'André qui continuait à murmurer :
"Oh ! pardon ! pardon !"
Bouche à bouche, ils pleuraient. De joie, de honte et de nervosité. Le pas du veilleur sonna dans la cordonnerie. André bondit hors du lit. Maurice eut le temps de murmurer :
"Demain, c'est moi qui passerai chez toi."
L'action se situe en Bretagne et décrit les émois du jeune André Steindel. Avec Maurice, avec sa mère...Un beau roman sur les amitiés particulières qui fait découvrir une autre facette du travail d'Etiemble.