Un nouvel éclairage sur le Paris lesbien d'après-guerre. Mireille Havet rédigea, de 1913 à 1929, un extraordinaire Journal, dans lequel elle décrit sa « vie de damnation », une vie de guet et d’attente, de songe et d’outrance, une vie aimantée par son « goût singulier » pour l’amour des femmes et des drogues.
"Depuis hier, j'ai une nouvelle fixité, c'est cette Petite Nicoll, si séduisante et belle, et que je sens perdue dans les mêmes limbes d'erreur où je me débattais moi-même encore l'an passé. [...] Je n'ai pas eu besoin d'insister pour comprendre qu'elle aimait les femmes. Sa façon même de regarder la salle à l'entracte m'a tout révélé. Puis j'ai fait des plaisanteries significatives afin de la choquer, ce qui n'eut pas lieu, , et elle a deviné avant la fin, la faute d'impression à propose de Renée Vivien qui était blonde et paraissait plutôt "gousse". je suis donc fixée. Elle s'est perforé un poumon dans le crépuscule de l'avenue Mercédès à cause d'une amie de sa mère qu'elle aimait, et s'est enfuie de pension pour la même raison, voilà !"
« On a hâte désormais de lire la suite du « Journal » de cette Mireille déchirée que l’on ne connaissait pas, que l’on n’oubliera plus. » Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, février 2003.
«Ce qui frappe à la lecture de ce Journal, c’est l’étonnante maturité de son auteur, son humour, son audace et la maîtrise de son écriture. Ses portraits, ses évocations de Paris, ses introspections, sont de grands moments de littérature. Peut-on parler de chef d’œuvre ? Ne soyons pas chiche ! Allons-y du oui. Sans grands risques.» Jacques Henric, Art Press, mars 2003.
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L'auteur :
Mireille Havet
Existence courte (1898-1932) mais intense que celle de Mireille Havet, protégée d'Apollinaire et de Natalie Barney. Dans sa vie comme dans son journal, elle assume avec passion et spontanéité son goût des femmes.