Trente ans plus tard, peut-on inverser le dénouement d’une histoire d’amour et de mort ? C’est le thème de la pièce qu’un couple de comédiens joue pour la dernière fois. Ils ont mis en scène la Guerre d’Algérie, telle que le narrateur du roman en garde mémoire.
Pour cette ultime représentation, les deux hommes sont revenus à Heavenbad, ville de canaux dont le rituel touristique cache d’innommables secrets. Le Corps du soldat est le dernier acte de la tragédie du souvenir. Un exorcisme que le personnage principal mène à son paroxysme, après que son compagnon malade l’a quitté. Il erre dans la ville morte, à la recherche de l’homme sans regard qui, comme lui, aima jadis l’enfant-soldat dont la chair sacrifiée est au cœur de l’histoire.
Hugo Marsan
Après quatre ans passés à l’École Normale de Dax, Hugo Marsan fit des études de lettres à Lyon puis à Paris. Au retour de ses années de service militaire en Algérie, en 1962, il s’installa à Paris où il vit depuis lors. Il abandonna l’enseignement en 1982 pour se consacrer au journalisme. Pendant douze ans, il dirigea le service Culture de Gai Pied, journal d’information et de culture sur les homosexualités, d’abord mensuel puis hebdomadaire et qui, de 1979 à 1992, joua un rôle prépondérant dans l’émergence de l’identité et de la liberté d’une communauté marginalisée. Il collabora à de nombreuses revues littéraires.