La première chose que Julius remarque dans l'entrebaîllement de la porte, c'est le clignement des yeux. Raphaël a un tic nerveux. Le vieil homme en est désarçonné l'espace d'un instant. Pourquoi ? Qu'espérait-il ? S'attendait-il à trouver sur le palier un archange immense déguisé en éphèbe, chevelure blonde, regard pervenche, bouche en forme de bractée vermeille ?... Et pourquoi pas flanqué de deux ailes de séraphin se déployant dans la cage d'escalier ? C'est ridicule. Une nouvelle fois, Julius a été victime de son imagination. Le jeune homme n'est qu'un petit gars ordinaire, le teint pâle, les cheveux en brousaille (avec pourtant ici et là des mèches blondes du plus bel effet), et ses prunelles lancent d'étranges éclairs saccadés...