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Boy
Culture
C'est incontestablement à ce genre qu'appartient " Boy Culture ", où Matthew Rettenmund nous dessine, sous le prétexte des apocryphes confessions d'un tapineur, une galerie de portraits qui ressemblent fort à des miroirs grossissants de notre petit monde. Rien de très original dans l'histoire elle-même, et pourtant on se prend vite à sourire puis à rire de la franchise alerte et sans pudeur de X, tapineur. A l'entendre la vocation lui est venue autant par souci de rentabilité que par générosité. Entre deux " sorties " avec des clients, autant de prétextes à de jolies scènes, notre héros fantasme sur l'un de ses deux sexy co-locataires et est poursuivi par l'autre, tout aussi sexy. La co-location est un système qui permet d'avoir facilement sous la main des personnages de même sexe, généralement tous beaux, qui sortent de la douche nus et ruisselants pour s'apercevoir que l'autre était rentré sans qu'on l'entende. Bref, un cadre pratique pour ce genre de roman. Le choix d'une narration à la première personne, appuyé sur quelques scènes de cul agréables à lire qu'on pourra (par pudeur hypocrite) trouver un peu racoleuses, permet à l'auteur de créer une intimité avec le confessant. Comment croire, en effet, qu'un type qui vient de vous expliquer dans le détail ses techniques les plus intimes peut vous raconter des histoires sur le reste de ses aventures ? Pour les amateurs, signalons en dernière page un index (!) des pratiques sexuelles. C'est un peu comme se faire prendre sur la table des matières Pardon. La plume légère de Matthew Rettenmund dessine de jolies silhouettes, même si elles manquent un peu d'originalité, et déclenche quelques franches rigolades. Son style enlevé et rythmé- un peu gâché par de multiples fautes d'orthographe, attention l'éditeur !-, un vrai sens du dialogue et de la scène (hilarante chez le dentiste, ou avec le militaire, attendrissante chez Grégory, le vieux client, ou dans la scène du dépucelage par le cousin-fantasme), des personnages finement décrits, et des formules à l'emporte-pièce ont vite fait d'emporter l'adhésion. Parce qu'après tout, tout cela n'est pas bien grave. Qu'en reste-t-il, au bout du compte ? Faire le tapin, milite l'auteur, n'a rien de méprisable : baiser à droite et à gauche reste après tout une activité essentielle d'une bonne partie d'entre nous. De préférence avec la frénésie du désespoir, et avec l'illusion de trouver ainsi un jour celui qui partagera notre vie. Le fait d'en profiter pour gagner sa croûte n'est après tout qu'un détail sans importance. Que celui qui n'a jamais dit oui à cinq heures du matin juste pour ne pas rentrer tout seul lui lance la première pierre. Ce qui importe vraiment, c'est de savoir s'arrêter, autant qu'on en est capable, quand la vie nous donne la chance de rencontrer le prince charmant que l'on recherchait en vain dans tous les lits disponibles. Il faut alors savoir sacrifier des habitudes que justifiait cette noble quête, et convertir en tendresse conjugale ce qui n'était après tout qu'une tendresse universelle, même tarifée. Pour beaucoup c'est pourtant là que la difficulté commence
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l'adieu aux normes Jacques Fortin |
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