a d v e n t i c e : 11: 9 9 : L I V R E     BENOIT

 

 

un ouvrage de >
Marguerite Duras


chez >
P.O.L.

 

 

 

Deux garçons bien sous tous rapports

Un garçon près de la rivière

Un poisson sur la balançoire

Drôle de garçon

Histoire de l'homosexualité

Folle Passion
Honteuse

Symphonie des adieux

C'est toujours moins grave qu'une jambe cassée

Je sors ce soir

Le supplice d'une queue

Le Lieutenant-Colonel de Maumort


 

C'est tout :
écrire l'effacement

Titre en forme de clausule, C'est tout annonce bien la fermeture d'une écriture et d'une œuvre. Installé dans une ambiance pathétique, pas toujours dans l'acception méliorative du terme, ce petit livre qui se lit en un quart d'heure a cependant le mérite d'être représentatif des écrits de Duras depuis 1978 ( sa " deuxième période "), car il pose notamment les problématiques du processus de l'écriture et de la disparition de tout objet de récit. Comme toute son œuvre depuis la fin des années 70, ce texte contemple l'écriture, il a une vocation métadiscursive. Ecrire, " c'est impossible et cela se fait ".

Le livre ressasse dans une litanie très stylisée toute la douleur d'une fin de vie, faite d'appels (" venez dans mon visage " dit-elle à Yann Andréa), de découragements : " écrire, toute ma vie j'ai fait ça. Comme une andouille j'ai fait ça. " et de silences, que Duras appelait " blancs de l'écriture ".

L'écriture ressasse mais témoigne aussi de façon très intéressante de l'écriture courante, qui induit de nombreuses disjonctions thématiques : le propos change constamment. Lire Ecrire, c'est aussi prendre conscience avec quelle économie de moyens Duras se hisse vers des exigences littéraires très précises. Cette édition définitive comporte une dizaine de pages supplémentaires à l'édition précédente.