a d v e n t i c e : 10: 9 9 : L I V R E     F R E D E R I C

 

 

un ouvrage de >
William Corlett


chez >
Nil Editions

 

 

 

Un garçon près de la rivière

Un poisson sur la balançoire

Drôle de garçon
Histoire de l'homosexualité

Folle Passion

Honteuse

Symphonie des adieux

C'est toujours moins grave qu'une jambe cassée

Je sors ce soir

Le supplice d'une queue

Le Lieutenant-Colonel de Maumort

 

Deux garçons
bien sous tous
rapports

Autant dire les choses clairement dès le début : ce livre est une arnaque. Annoncé à grands renforts de pub et d'articles dans la presse, il nous est présenté comme LA comédie littéraire de la rentrée, surfant sur la vague de visibilité des homosexuels dans la littérature contemporaine. Richard, un producteur de spectacle londonien et plein aux as achète un château dans la campagne anglaise où il s'installe avec son jeune et exubérant amant Bless. La quatrième de couverture nous promet une belle galerie de portraits, les gens de Bellingford, petit village paisible, étant peu habitués à voir ce genre de personne dans leur voisinage. Et cela commence plutôt bien avec ce général irascible et en retraite qui se trouve être le voisin de nos deux tourtereaux. Mais la bonne surprise s'arrête là, car Richard doit partir à Los Angeles pour signer un contrat, et Bless se retrouve seul au château. Dès lors, plus aucun cliché ne nous est épargné, de "la-bonne-copine-du-gentil-pédé-qui-elle-même-ne-trouve-pas-le-grand-amour" au vieil homo bourru qui remâche en silence son amour déçu pour Richard, de la commère du village qui s'incruste comme femme de ménage au château et qui s'appelle Doris Day (!), au pasteur du village, sorte de père la rigueur dont la femme aimerait bien percer le secret qui semble le ronger de culpabilité. La référence à Doris Day n'est d'ailleurs pas innocente et nous ramène à ces comédies sucrées et politiquement TRES correctes des années 50 où, avec un Rock Hudson pathétique, elle distrayait l'Amérique bien pensante du Président Eisenhower. Les gags son Hénaurmes, et la fin se voit venir à quinze kilomètres, ce qui laisse vraiment une impression de tromperie. Ce roman n'est pas mauvais en lui-même, mais le pauvre Feydeau, roi du vaudeville, doit se retourner dans sa tombe en voyant que ses prétendus élèves n'ont rien retenu de ses leçons.