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Rubrique réalisée en association avec CultureGais
La symphonie d'Edmund White Son dernier roman, "La symphonie des adieux", clôt la trilogie autobiographique entamée avec "Un jeune Américain" et poursuivie avec "La tendresse sur la peau". L'auteur y évoque ses souvenirs. Ultime panorama pour une sorte de révérence annoncée.
Ambitieux aussi dans son écriture qui sait rendre, avec une très grande justesse, les sentiments et impressions de l'auteur. Fin de la trilogie entamée en 1982 avec Un jeune américain, ce roman télescope les souvenirs de nombreuses années de la vie d'Edmund White. Il s'agit donc, a priori, d'un roman autobiographique mais dont White, lui-même, nous prévient qu'il n'est pas "une transcription littérale de (son) expérience". En fait, il s'apparente davantage a un astucieux collage de réflexions et d'existences (celles de personnes connues ou non), de considérations sociales et d'observations méticuleuses, de souvenirs et de nostalgiques douleurs. Edmund White s'y livre sans détour et avec un talent d'introspection assez surprenant: "Je voyais deux psychiatres depuis plusieurs années mais je n'étais pas devenu normal, comme je l'avais espéré, et je n'avais pas accepté mon homosexualité, comme je l'avais craint". Il évoque très largement sa sexualité et la grande liberté qui fut la sienne. "J'avais passé la barre de mes mille premiers amants mais c'était un chiffre qui pouvait représenter davantage un exploit pour les autres que pour moi. le sexe est un appétit qui doit être satisfait quotidiennement; même mille festins passés ne peuvent nourrir le corps pour le jour qui vient". Pour autant, La symphonie des adieux n'est pas habitée que par cette seule liberté même si l'auteur écrit que "la liberté sexuelle était la liberté tout court" rappelant que la révolte de Stonewall avait été "la défense d'un lieu de drague". Car, on le comprend justement à sa seule lecture, le titre de ce roman porte en lui son poids de douleurs et d'absences. Crue et direct sur la sexualité, l'oeuvre de white l'est tout autant sur le Sida qui marque bien des personnes et des souvenirs. La disparition de Tom, celle de Michel Foucault, les conseils que s'adressaient les Américains entre eux pour se faire passer pour des Anglais ce qui, paraît-il, rassurait les Français, la perte de poids de l'auteur lui-même autant de tragédies ou de faits quotidiens qui donnent à voir la place de ce qui est bien plus qu'une maladie. Ce roman a été très largement salué par la critique anglo-saxonne qui y voit une des plus grandes réussites de White. Ainsi Jeremy Reed, écrivain gay extrêmement talentueux mais méconnu en France, considère que "White, qui a toujours été un écrivain d'une profonde justesse psychologique, s'empare des grands thèmes de l'amour et de la mort avec maîtrise et courage. (...) Le livre donne voix à une vie marquée par un individualisme intransigeant et atteint un degré de tolérance et de compassion qu'on trouve chez peu d'écrivains". Un bel hommage qui ne peut qu'inciter à découvrir ce roman, merveille de complexité et d'émotion.
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La symphonie des adieux
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