a d v e n t i c e : 1 2 : 0 0 : C I N E M A     Gabriel de Monteynard
 

 

 

un film de>
Ilan Duran Cohen


sortie >
27 décembre 2000



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qui que quoi...
Français (1h34). Réalisation et scénario : Ilan Duran Cohen, Adaptation et dialogues : Ilan Duran Cohen et Philippe Lasry, Musique : Jay Jay Johanson, Producteur : Didier Boujard, Alta Loma Films, avec : Pascal Greggory (Alain), Nathalie Richard (Laurence), Cyril Thouvenin (Christophe), Vincent Martinez (Marc), Julie Gayet (Babette), Alain Bashung (Etienne), Bulle Ogier (mère de Laurence).

 

 

 

 

 

 

 

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La confusion des genres

En 1991, Ilan Duran Cohen réalise un premier long métrage, Lola Zipper, une "comédie à l'américaine" qu'il semble aujourd'hui renier ("une erreur sûrement"). Déçu de cette première expérience, il se lance dans l'écriture et publie deux romans qui paraîtront longtemps après : Chroniques Alicienne et le Fils de la Sardine (Actes Sud). Avec La confusion des genres, il signe une comédie à la française, semble-t-il plus personnelle. Ca ressemble à une sorte de boulevard moderne gay et très gay friendly, avec des moments drôles et inspirés, mais aussi avec les travers du genre : ça finit par s'essouffler et ça a du mal à tenir sur la durée.

Le film commence sur un plan de Pascal Greggory (Alain) allongé nu sur son lit, s'adressant en rêve à tous ces amants et maîtresses avant ou après l'amour. Il est mal à l'aise, ne sait plus où il en est, ne sait pas s'il veut faire l'amour, s'il veut continuer la relation, etc. Bref, il est l'indécision personnifiée. Le personnage est posé.

N'assumant pas son homosexualité et recherchant la stabilité à tout prix, il propose le mariage à sa meilleure amie et collègue de travail (Ils partagent un cabinet d'avocat qu'elle dirige). L'amour qu'elle lui porte n'est pas réciproque, ils en sont tous deux parfaitement conscients. Connaissant son attirance pour les garçons, elle en vient même à accepter son absence de désir pour les femmes qu'elle constate chaque fois qu'ils ont ensemble un moment d'intimité. Elle ne se gêne pas pour le lui dire ("On dirait que tu as peur de me toucher. Tu devrais mettre des capotes sur les mains la prochaine fois"). Mais lui entretien parallèlement une relation très charnelle avec un jeune mec très mignon de vingt ans plus jeune que lui, Christophe. Tout ceci nous donne les moments cocasses que l'on imagine et qui sont très bien exploités sans jamais tomber dans la caricature. Dialogues souvent bien sentis, d'un humour distillé avec finesse, mis à part quelques invraisemblances qui ponctuent ça et là l'histoire.

Mais apparaissent deux personnages secondaires qui vont éparpiller le film dans des directions inutiles et redondantes. C'est dommage, ça commençait bien. Marc est un jeune criminel, interprété par le beau Vincent Martinez, dont Alain gère le dossier. Il sent bien le désir de l'avocat pour lui et semble bien décidé à l'utiliser. Il voudrait convaincre son ex copine de le voir en prison par l'entremise d'Alain. Voilà notre avocat transformé en messager, parti pour effectuer d'incessants allers et venus entre la prison et l'appartement de la copine, avec qui, en plus, il a une liaison. C'est un peu chargé. Le trio de départ était bien suffisent, et l'ajout de ces deux personnages (Marc et sa copine) donne au film une dimension trop boulevard. Il aurait fallu approfondir le trio de départ et le faire vivre davantage. Ennuyeux et invraisemblable (comment un avocat peut-il se compromettre à ce point pour les seuls beaux yeux de Vincent Martinez ?). Le film cumule d'autres invraisemblances (de moindre importance), notamment dans le dialogue, qui finissent par agacer.

On retiendra un parti pris amusant qui consiste à casser les valeurs sacrées des hétéros : le mariage, l'instinct maternel, les enfants élevés par un père et une mère. Tout ceci est gentiment malmené et "l'ordre symbolique" en prend un coup. Jouissif (niarc !). Ajoutez à cela la magnifique interprétation de Nathalie Richard et de Bulle Ogier, sa mère. Des qualités qui s'ajoutent au dialogue souvent pétillant, aux situations bien menées (quand elles se concentrent sur le trio de départ), et qui font de La confusion des genres un film relativement plaisent. Quant à la musique de Jay Jay Johanson, on profite surtout au générique de fin (dommage).


 

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