a d v e n t i c e : 1 1 : 0 0 : C I N E M A     Gabriel de Monteynard
 

 

 


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qui que quoi...
LES BLESSURES ASSASSINES
Français (1h34). Réalisation : Jean-Pierre Denis, Scénario : Jean-Pierre Denis et Michèle Halberstadt, d'après l'Affaire Papin, de Paulette Houdyer, Production et distribution : ARP, avec : Sylvie Testud (Christine), Julie-Marie Parmentier (Léa), Isabelle Renault (Clémence), Dominique Labourier (Mme Lincelan).

 

EN QUETE DES SOEURS PAPIN Français (1h34). Réalisation : Claude Ventura, Texte : Philippe Paringaux, dit par Pascale Thirode, Musique : Henri Dutilleux et Mikos Rozsa, Production et distribution : ARP.
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Les blessures assassines
et En quête des soeurs Papin

Le fait divers que retracent ces deux films défraya la chronique et inspira de nombreux auteurs dont Jean Genet qui en fit une pièce : Les bonnes. Les sœurs Papin, employées toutes les deux depuis six ans dans une maison bourgeoise ont assassiné leurs patronnes, mère et fille, en 1933, avec une bestialité qui confine à la folie. Le procès fut bâclé en une journée, les deux filles, Christine, 28 ans et Léa, 22 ans, furent considérées responsables de leurs actes. Le crime a été reconnu motivé par le seul désir de vengeance sociale. Mais le véritable mobile restera à jamais un mystère. On parle du mystère Papin. Au même moment, une même production sort deux films sur le sujet : une fiction, Les blessures assassines, et un documentaire, En quête des sœurs Papin.

L'une des hypothèses de mobile les plus vraisemblables explique la présence de cet article sur Adventice. Les deux sœurs auraient eu une relation incestueuse et passionnelle. C'est le parti pris des Blessures assassines, adapté du roman de Paulette Houdyer. Fiction qui tente de retracer l'histoire Papin en restant fidèle aux détails historiques. Le parallèle avec En quête... le montre bien. Jusqu'à la mutilation des corps des victimes reproduite telle qu'elle était sur les photos de l'époque.

Mais ce n'est pas le crime lui-même qui intéresse Jean-Pierre Denis, mais bien le cheminement qui y conduit. Le film prend vraiment corps quand Christine et Léa sont embauchées par celle qui sera six ans plus tard leur victime. Une atmosphère de huit clos étouffant s'installe très progressivement. Les tensions montent tout en restant bien souvent dans le non-dis. Et les petites mesquineries de cette bourgeoisie trop gâtée sont admirablement dépeintes. Une mise en scène très sobre, qui manque peut-être quelque peu d'inventivité (l'atmosphère aurait pu en être plus soutenue encore) mais qui sert bien malgré tout une reconstitution historique.

Le documentaire (En quête des sœurs Papin) lui est construit comme un jeu de piste. Face à l'absence de témoins vivants, il ne reste plus que les archives. Comment construire un film autour de ça, et captiver le spectateur avec pendant plus d'une heure et demi avec si peu d'éléments ? Claude Ventura y est parvenu. D'abord en mettant en scène la recherche elle-même avec ses déboires et ses fausses piste dans une atmosphère presque quotidienne, sans effet facile, sans volonté de dramatiser à tout pris. Il y a une volonté de créer un climat. Deux excellents choix de mise en scène le servent parfaitement : le parti pris d'une voix-off chuchotée, notamment pendant la lecture des registres, comme autant de réflexions intérieures, et le choix de la musique. La symphonie N°1 d'Henri Dutilleux, leitmotiv sonore du film, nous envoûte par sa présence inquiétante, toute en nuance.

Si vous souhaitez voir les deux films, choisissez d'abord la fiction avant le documentaire, bien entendu. L'un éclaire l'autre admirablement.

 

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