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No
ordinary love
Les habituels clichés gays sont habilement à la fois utilisés et détournés. Par un jeu de quiproquos, de retournements de situation et de coups de théâtre, la vie et surtout la sexualité ambivalente des protagonistes vont se révéler, hésiter, osciller. L'intention de Doug Witkins est claire, presque trop claire : la sexualité n'est pas chose figée, bien que latente en chacun de nous, elle peut se révéler au gré des expériences. Et pourtant, la volonté d'une vie amoureuse impose nécessairement un choix. Et c'est à travers une bande de copains devenus co-locataires, partageant une maison à Hollywood Hills, qu'il nous entraîne dans un véritable marivaudage gay. L'un d'entre eux, Tom, se tue en tombant d'un escalier, une nuit d'ivresse. La thèse de l'accident est retenue, et pourtant... C'est d'abord la disparition de Tom elle-même en tant que source de deuil et de manque affectif qui va déclencher dans notre maisonnée quelques petits remaniements surprenants. Puis la thèse du meurtre et une sombre histoire de fric volé va prendre la relève afin d'exacerber les passions et de révéler les vrais visages de chacun. Méfiez-vous des apparences ! Cette intrigue policière n'est qu'un prétexte, mais elle fonctionne bien comme telle et n'enlève rien à la fraîcheur de ce premier film. Mais à ce stade du film, l'agitation l'emporte quelque fois trop sur l'humain, et c'est dommage. Défaut très américain, s'il en est. Cette intrigue est du reste tellement rocambolesque qu'elle s'inscrit bien davantage dans une comédie que dans un vrai polar. Ne cherchez pas les invraisemblances : c'est tiré par les cheveux ! On sent bien que Doug Witkins ne se prend pas au sérieux. Il parvient néanmoins à rendre les personnages attachants, et à nous emporter dans un élan d'euphorie. D'un personnage à l'autre, No ordinary love passe en revue les principaux thèmes clefs liées à l'homosexualité : découverte de sa sexualité, identité sexuelle, rapports aux parents (ici, à la mère), coming out, homophobie, information gay, regard des autres, vie amoureuse, rapports passionnels, rapports à l'autre sexe, bisexualité, désir d'avoir des enfants. Ca nous fait un film un peu compulsif, une sorte film-catalogue, qui agace parfois mais qui est servi par quelques très bonnes trouvailles scénaristiques, une mise en scène inventive et délurée (particulièrement dans les fantasmes et souvenirs des personnages). C'est léger... Ca se mange sans faim. Alors oubliez pour une fois votre carte UGC ou Gaumont et faites un petit détour par le Quartier Latin...
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