a d v e n t i c e : 0 6 : 9 9 : C I N E M A     Gabriel de Monteynard

 

 

un film de >
Simon Shore


sortie >
23 juin 1999

 

 

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qui que quoi...
Anglais (1h50). Réalisation : Simon Shore. Scénario : Patrick Wilde d'après sa pièce, Producteur : Stephen Taylor, Distribution : ARP, Principaux interprètes : Ben Silverstone (Steven), Brad Gorton (John), Charlotte Brittain (Linda).
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Photos Paramount Classics

 

Comme un garçon

 

"A dix-sept ans, il faut choisir. Faire comme les autres ou ne ressembler à personne".


Un slogan à l'image du titre original, dont on se demande le rapport avec le titre français. Get real veut dire "Etre soi-même" (littéralement : "Devenir vrai"). Pour un homo, s'assumer pleinement et ouvertement, bien entendu. Difficile quand on a dix-sept ans de vivre une histoire d'amour avec un copain de classe, en composant avec la peur permanente du scandale qui vous taraude, véritable frein à l'épanouissement de la relation. Mais les amours adolescents ont la fraîcheur et l'innocence qu'ils perdent à l'âge adulte. Passionnels, sans compromis, ils ont cette saveur de l'irrévocable. De là commence un véritable apprentissage de la vie.

Cette trame fait penser à Maurice de James Ivory, adapté du roman de E. M. Forster ou à Beautiful Thing de Hettie MacDonald, adapté de la pièce de Jonahtan Harvey, et nous laisse donc un petit goût de déjà vu. Comme un garçon est un premier long métrage, adapté de la première pièce de Patrick Wilde, et même le producteur en est à son coup d'essai ! Et ça se sent quelque peu. Les séquences souvent convenues s'enchaînent sans grande surprise et la mise en scène académique renforce l'impression de fadeur. Elle sent le travail d'élève modèle, désireux d'avoir un montage bien fluide, mais sans réelle "pâte" ni aucun parti prit original dans le traitement de l'image.

On ne nous épargne pas le cliché du pédé malingre et studieux (Steven) agressé sans arrêt par le plus "macho" de la classe, ou celui de la découverte de son homosexualité presque vécue comme une maladie tragique. Les personnages et les situations auraient mérités d'être moins typés dans un film intimiste.

Comme un garçon se laisse malgré tout regarder avec intérêt, et quelques fois certaines envolées nous rendent les deux ados touchants. Cette peur du scandale est communicative et se traduit par un mini suspens qui prend corps dès que leur relation commence à se consolider.

Quelques bonnes idées de scénario à noter tout de même : la "fausse piste" du début (le premier amour n'est pas celui que l'on croit), l'hypocrisie des mecs qui se cachent derrière leurs copines ou leur femme pour sauver leur réputation, l'intervention de la police qui nous rappelle certaines lois anglaises homophobes (et les craintes qui y sont associées), et surtout le texte anonyme écrit par le personnage principal (Steven) et qui donne au film son nom (Get Real). Texte en opposition avec la dissertation bien appliquée et impersonnelle qui fait l'admiration de son lycée, il marque le début d'une révolte contre l'hypocrisie générale et l'obligation de toujours feindre le rôle du fils et de l'élève irréprochables.

Soyons honnêtes, Comme un garçon n'est tout de même pas dépourvu de qualités. On se laisse porter par cette modeste histoire d'amour qui met du temps à démarrer mais finit par nous tenir en haleine.