a d v e n t i c e : 0 6 : 9 9 : C I N E M A     Gabriel de Monteynard

 

 

un film de >
Jean-Marc Longval


sortie >
16 juin 1999

 

 

 

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qui que quoi...
Français (1h25). Réalisation : Jean-Marc Longval, Scénario, adaptation, dialogues : Fabrice Blind, Michel Delgado, Jean-luc Lemoine, Jean-Marc Longval, Producteurs délégués : TNVO, Canoë Productions, Coproducteurs : P.E.C.F., France 3 Cinéma, M6 Films, Producteur exécutif : Thierry de Navacelle, Producteur associé : Francis Boespflug, Distribution : Warner Bros. Avec : Smaïn (Fred), Michel Muller (Joël), Sophie Forte (Judith), Linda Hardy (Anne), Ronald Guttman (Parker), Jacques François (Bergman), Bernadette Lafont (Yolande).
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Recto Verso

 

Encore une comédie bien de chez nous...


Plus cabotin que Smaïn, tu meurs ! Jean-Marc Longval a eu pourtant la bonne idée de lui demander d'avoir un jeu sobre et de ne pas vouloir faire rire à tout prix. Il faut le savoir ! Et c'est dans une comédie de pur boulevard, comme seule la France sait en produire, qu'il aligne les grimaces et les gestes outranciers pendant très exactement 1h25. Les inconditionnels apprécieront sûrement, quant aux autres... Encore une comédie bien de chez nous où chaque situation et chaque réplique est appuyée à l'extrême. Le Français moyen ne peut-il apprécier un humour plus subtil ? Sur la durée, il y a malgré tout quelques gags qui font mouche, comme dans toute comédie.

Et pourtant, l'idée de départ est intéressante. Dénoncer la superficialité des mass média (la télévision et la presse à scandale) qui peuvent faire de n'importe qui une star, à condition de soigner perpétuellement son image, et qui au premier scandale vous jette comme un Kleenex. Tout est une question d'apparence et d'esbroufe. La vie devient un vrai décor de théâtre. Cette télévision est un espace de vente et entretien des liens étroits avec les marchants en tout genre : vente de musique de variété ou de produits de consommation (télé-achat).

Et c'est dans ce décor que Smaïn joue les présentateurs vedettes, victime injustement d'un scandale dès le début du film, il est licencié sur le champ. Rejeté, ignoré par toutes les chaînes de télé, il se voit contraint d'accepter la proposition d'une chaîne gay d'animer une émission de télé-achat. Bien entendu, l'hétéro coureur de jupon qu'il est va devoir se croire obligé de se faire passer pour homo. Pour échapper aux avances du directeur de la chaîne, il s'invente un petit copain. Et c'est son cousin, de passage à Paris pour un concours de karaoké, ringard de province incapable de lever les filles, qui lui servira de "partenaire".

De là commence une série interminable de quiproquos, de coïncidences, d'allers et venues, de rebondissements permanents, de coups de théâtre, le tout dans une agitation sans relâche qui ne laisse à aucun personnage le temps d'exister un peu. On a cette impression de voir à l'écran des marionnettes, qui d'ailleurs finissent par ennuyer. Pas de psychologie ici, il faut de l'action, et de l'action à tout prix, et des gags surtout, dont la grande majorité tombent à plat!

Le tout est renforcé par un montage et des effets très clip. Etait-il nécessaire d'en rajouter dans la mise en scène ? Ca sent le produit formaté grand public à chaque plan, et comme c'est toujours le cas dans ce genre de film, le "milieu" gay est parisien et branché. Ici on ne voit que des pédés qui travaillent à la télévision, et de surcroît dans LA chaîne gay. Un milieu qui bien sûr entretien d'étroits rapports avec la mode ; on a donc droit aussi au pédé coiffeur, visagiste ou styliste. Seul le directeur de la chaîne, très présent dans le film est sobre et simple, pas maniéré ni caricatural. Il a même presque un rôle d'humaniste à la fin !

La séquence finale qui réconciliera même l'association des Familles Catholiques de France nous fait étrangement penser à Pédale Douce. Mais Recto verso est quand même malgré tout relativement "gay friendly", grâce à la présence du directeur de la chaîne thématique.