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a d v e n t i c e : 0 6 : 9 9 : C I N E M A Gabriel de Monteynard |
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Recto
Verso
Encore une comédie bien de chez nous...
Et pourtant, l'idée de départ est intéressante. Dénoncer la superficialité des mass média (la télévision et la presse à scandale) qui peuvent faire de n'importe qui une star, à condition de soigner perpétuellement son image, et qui au premier scandale vous jette comme un Kleenex. Tout est une question d'apparence et d'esbroufe. La vie devient un vrai décor de théâtre. Cette télévision est un espace de vente et entretien des liens étroits avec les marchants en tout genre : vente de musique de variété ou de produits de consommation (télé-achat). Et c'est dans ce décor que Smaïn joue les présentateurs vedettes, victime injustement d'un scandale dès le début du film, il est licencié sur le champ. Rejeté, ignoré par toutes les chaînes de télé, il se voit contraint d'accepter la proposition d'une chaîne gay d'animer une émission de télé-achat. Bien entendu, l'hétéro coureur de jupon qu'il est va devoir se croire obligé de se faire passer pour homo. Pour échapper aux avances du directeur de la chaîne, il s'invente un petit copain. Et c'est son cousin, de passage à Paris pour un concours de karaoké, ringard de province incapable de lever les filles, qui lui servira de "partenaire". De là commence une série interminable de quiproquos, de coïncidences, d'allers et venues, de rebondissements permanents, de coups de théâtre, le tout dans une agitation sans relâche qui ne laisse à aucun personnage le temps d'exister un peu. On a cette impression de voir à l'écran des marionnettes, qui d'ailleurs finissent par ennuyer. Pas de psychologie ici, il faut de l'action, et de l'action à tout prix, et des gags surtout, dont la grande majorité tombent à plat! Le tout est renforcé par un montage et des effets très clip. Etait-il nécessaire d'en rajouter dans la mise en scène ? Ca sent le produit formaté grand public à chaque plan, et comme c'est toujours le cas dans ce genre de film, le "milieu" gay est parisien et branché. Ici on ne voit que des pédés qui travaillent à la télévision, et de surcroît dans LA chaîne gay. Un milieu qui bien sûr entretien d'étroits rapports avec la mode ; on a donc droit aussi au pédé coiffeur, visagiste ou styliste. Seul le directeur de la chaîne, très présent dans le film est sobre et simple, pas maniéré ni caricatural. Il a même presque un rôle d'humaniste à la fin ! La séquence finale qui réconciliera même l'association des Familles Catholiques de France nous fait étrangement penser à Pédale Douce. Mais Recto verso est quand même malgré tout relativement "gay friendly", grâce à la présence du directeur de la chaîne thématique. |
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