Hettie MacDonald
Beautiful Thing
J'ai vu ce film dans un cinéma d'art et d'essai située au coeur d'un endroit bizarre, sur le port du Havre, qui ressemble à une cheminée de centrale nucléaire et qui est dû à l'architecte brésilien Oscar Niemeyer. Je me rappelle très bien, dans la petite salle de ce petit cinéma, il y avait une vingtaine de spectateurs grand maximum, uniquement des garçons. Ha, si, deux filles, mais visiblement plus que de simples copines... "C'est un film gay parce que les deux rôles principaux sont homosexuels, mais le plus important, c'est l'histoire d'amour" expliquait à Têtu la réalisatrice, Hettie MacDonald, lors de la sortie du film. Beautiful thing, c'est ça, une simple, une belle histoire d'amour. Simple, pas tant que ça, puisqu'elle concerne deux garçons de 16 ans. Ils vivent dans une cité anglaise, et doivent affronter les préjugés du milieu défavorisé qui est le leur, dans ce pays ou un garçon et une fille de 16 ans peuvent avoir des relations sexuelles, mais pas deux garçons du même âge.
![]() On a reproché à la réalisatrice sa vision un peu idéaliste du coming out de ces deux garçons, surtout la scène finale où ils dansent un slow devant les habitants médusés de la cité. Hettie MacDonald défend son parti pris. Elle a voulu faire un film sans prétention, aux antipodes de La cage aux folles. Elle a doublement réussi son pari, en réalisant un très beau film qui a rencontré un succès en France, où il est pourtant difficile de sortir un long métrage sur l'homosexualité qui ne soit pas Pédale douce ou Gazon maudit. On peut espérer que certains spectateurs auront modifié leur regard sur l'homosexualité et surtout sur nous, les homos. Et l'on peut définitivement regretter, que ce soit Pédale douce et non Beautiful thing qui ait attiré dans les salles 5 millions de spectateurs...
OLivier, 17/11/97.
Beautiful Thing
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