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Satreelex The Iron Ladies
Une histoire vraie et délirante d’une équipe gay qui concourt aux championnats nationaux de Thaïlande
Imaginez une équipe de Zaza Napoli thaïlandaises jouer aux championnats nationaux de volley ! Les folles sont de retour à l’écran, pour notre plus grand bonheur. Et attention, elles envoient !
Cette délirante histoire commence lorsque le nouvel entraîneur d’une équipe locale, femme légèrement goudou sur les bords, est chargée de former une équipe sûre de gagner. Elle recrute Môn et Tjoung, excellents joueurs mais gays. Machos à souhait et scandalisés, les autres membres de l’équipe quittent le club. L’entraîneur charge alors Môn et Tjoung d’en recomposer une. C’est ainsi qu’une équipe de gays, transsexuelles, et travesties, vont concourir aux championnats nationaux.
Le plus étonnant est que l’histoire est bien réelle et s’est produite en 1996. Le film a fait un carton historique au box office thaïlandais et une suite a été tournée.
La Thaïlande nous habitue depuis l’année dernière à une cinématographie étonnante, excellente, et très orientée gay. Il y a eu le magnifique Monrak Transistor, comédie musicale aux chansons enchanteresses, avec un acteur craquant, et une histoire à fondre en larmes ; et le cultissime Les larmes du tigre noir, sorte de remake tropical et décalé des Parapluies de Cherbourg de Demy ; mélodrame à la fois trash et plein d’humour. Malheureusement ces deux films sont passés inaperçus, j’espère qu’ils bénéficieront d’une sortie DVD en France qui leur permettraient d’être un peu plus reconnus.
Sa Tree Lex, troisième du genre donc à sortir en France, aura peut-être plus de chance. Film certes un peu moins bon, car à la mécanique simple, il a le mérite néanmoins d’être très réussi et très efficace. Fédérateur au possible, il transformera les salles de cinéma en gradins de supporters délurés, folles, et passionnés. Allez-y en groupe, prêts à crier votre soutien à l’écran, et choisissez un cinéma à haute proportion gay (à Paris : le MK2 Beaubourg, et aussi le Cinécité les Halles), à mon avis vous ne regretterez pas l’ambiance.
Par ailleurs Sa Tree Lex signe le retour à l’écran des folles, des excentriques efféminées, expressives et peu discrètes, fières et combatives, et ça fait du bien ! Ca faisait plus de 20 ans qu’elles avaient disparues du cinéma. Marre de ces hétéros qui s’en servaient encore pour s’en moquer (ou maintenant pour faire des entrées), et de ces homos qui, honteux (probablement d’eux même), la fuyaient. Enfin du cinéma d’assumé ! Ca glousse, ça piaille, ça se trémousse, ça crie. Enfin, on vit !
Alors certes, en voyant le film, on s’inquiète un peu. C’est du cinéma somme toute assez commercial, dans un pays où l’homo est encore vu dans sa version caricaturale. On se demande alors si les traits auraient pu être moins forcés, voire si l’on ne retombe pas dans le fameux débat de La Cage aux folles : film homophobe ou non ? Mais le réalisateur a eu la brillante idée d’accompagner le générique de fin des images de la véritable équipe. Et là, surprise, dans un pays peu enclin à ce type de mœurs on découvre des joueurs (joueuses?) presque plus folles qu’en fiction.
Donc,
à voir absolument !!!
Xavier
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