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un film de>
Oliver Parker


sortie >
30 avril 2003


____________
qui que quoi...
France, Grande-Bretagne, Etats-Unis - 2002 - 1h37
Avec Rupert Everett, Colin Firth, Reese Witherspoon, Judi Dench, Frances O'Connor

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L’Importance d’être constant

Une adaptation de la pièce d’Oscar Wilde

Lorsqu’est donnée, le 14 février 1895 à Londres, la première de L’Importance d’être constant, son auteur, Oscar Wilde, est au sommet de sa gloire... et d’une montagne de dettes. Pour faire face à ses créanciers, il enchaîne les comédies, qui sont autant de triomphes : L’Eventail de Lady Windermere (1892), Une femme sans importance (1893), Un mari idéal et L'Importance d'être constant (1895). La haute société victorienne rafolle de lui, tout en s’offusquant en sourdine de ses provocations et de sa liaison avec le jeune lord Alfred Douglas, qui lui vaudra bientôt d’être cloué au pilori.

L’Importance d’être constant n’est pas une oeuvre de plus. Brillante, comme les autres, elle est aussi profondément novatrice, puisque l’intrigue, invraisemblable et reposant entièrement sur un jeu de mots (Constant, le prénom, et "constant", l’adjectif), n’a ici, justement, pas la moindre importance. Seul compte et règne en maître le langage, sa folie, son non-sens ; et la pièce, sous une apparence frivole, annonce d’une certaine façon le théâtre de l’absurde.

Le choix fait par Oliver Parker d'adapter celle-ci était donc particulièrement risqué. Si Un mari idéal, qu’il avait porté à l’écran en 1999 avec, déjà, un Rupert Everett en très grande forme, se prêtait à l’opération, du moins sous sa forme classique (reprendre l’intrigue, l’essentiel des dialogues, et les disperser dans une multitude de lieux), elle reste ici vaine. Un parti pris fort de mise en scène aurait été nécessaire pour un tel texte ; on doit se contenter d’une adaptation mollassonne de l’œuvre de Wilde, dont l’auteur-réalisateur a cru conserver la saveur en en reprenant les bons mots.

Les acteurs ont beau briller, Rupert Everett peut se démener, jusqu’à agacer, dans son rôle de dandy à la plastique impeccable, tout cela manque désespérément de rythme et de style. Une bonne occasion, donc, de lire ou relire la pièce...

Arnaud

 

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