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Film argentin de Diego Lerman (2002)
35 mm – Noir & blanc – 1h34
Avec Tatiana Saphir (Marcia), Carla Crespo (Mao), Verónica Hassan (Lenine), Beatriz Thibaudín (Blanca)

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Tan de repente

"Je suis de ceux qui pensent que si l’on sort d’une séance dans le même état que lorsque l’on y est entré, cela n’en vaut pas la peine", explique Diego Lerman, réalisateur de Tan de repente (Tout à coup), film argentin récompensé dans divers festivals en 2002 (Léopard d’argent et Mention spéciale du jury à Locarno, Prix Arte au Festival des 3 Continents de Nantes, notamment).

De fait, les premières séquences du film frappent : d’abord par le choix esthétique, celui d’un noir et blanc aux contrastes marqués ; ensuite par l’histoire, celle de Marcia, grosse fille solitaire qui passe ses journées à s’ennuyer dans le magasin de lingerie miteux dont elle s’occupe, et ses soirées à manger devant la télé.

Elle croise un jour Mao et Lenine, couple de jeunes femmes dures et glaciales à souhait. Mao lui déclare tout de go être tombée amoureuse d’elle et vouloir la "baiser". Devant la résistance confuse de la pauvre Marcia, les deux jeunes femmes l’emmènent, sous la menace d’un couteau, lui "prouver" l’amour de Mao.

Diego Lerman parvient de fait à tenir le spectateur en haleine pendant la première partie du film, grâce à des ingrédients finalement assez basiques – sexe et violence, essentiellement psychologique –, et à une ambiguïté de ton souvent proche de l’ironie (on peut d'ailleurs se demander s'il est si fin que cela de se moquer des hésitations d’une grosse fille complexée…).

La seconde partie du film, aux tonalités plus nostalgiques et contemplatives, donne cependant le sentiment d’un certain enlisement ; et si les thèmes auxquels le réalisateur souhaitait s’attacher (solitude, rencontres, contradictions) apparaissent clairement, le film aura sans doute réservé trop de longueurs au spectateur pour qu’il en ressorte dans un "état" vraiment satisfaisant.

Arnaud

 

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