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un film de>
François Ozon


sortie >
6 février 2002

http://www.8femmes-lefilm.co m


____________
qui que quoi...
comédie et thriller de 1h43, adaptée et réalisée par François Ozon; image de Jeanne Lapoirie; costumes de Pascaline Chavanne; chorégraphies de Sébastien Charles.

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8 femmes

Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Danielle Darrieux, Ludivine Sagnier, et Firmine Richard en huit clos rétro et délirant pour notre plus grande joie

Les années 50 en hiver, une demeure isolée en pleine campagne. A l’intérieur : une grande famille, composée d’un homme, riche, et de huit femmes : sa sœur, sa femme, sa belle sœur, sa belle-mère, ses deux filles, et les deux domestiques.
Un beau matin, proche de Noël, un drame épouvantable. Le maître de maison est assassiné et parmi ces huit femmes, l’une est coupable. La neige les empêche de sortir, le téléphone est coupé, elles sont donc seules, enfermées, entre elles.
Alors, c’est le début des suspicions, des accusations, des haines qui resurgissent, des jalousies, des cruautés, et des vérités qui éclatent.

Le dernier film de François Ozon est une véritable comédie de boulevard, adaptée de la pièce policière écrite par Robert Thomas dans les années 60, dont il ne conserve que l’intrigue. Il la transforme en partie de Cluédo vaudevillesque jouée par les reines du cinéma français. Un coktail explosif. Pourtant le risque était grand de ne pouvoir porter le film. Ozon y parvient parfaitement et son film est une réussite. Les répliques sont acerbes, le texte excellent, c’est un bonheur.

Esthétiquement il s’inspire des grandes productions hollywoodiennes des années 40 et 50. Les costumes y font tous référence. Certains personnages aussi : Isabelle Huppert nous réserve ainsi une descente d’escalier à la Rita Hayworth (Gilda). Fanny Ardant s’en inspire également dans la manière dont elle retire ses gants. Le personnage d’Emmanuelle Béart vient de celui de Jeanne Moreau dans Le journal d’une femme de chambre de Buñuel. Ludivine Sagnier de Sandra Dee dans Mirage de la vie de Douglas Sirk, Firmine Richard de Ella Fitzgerald. Et le film en général a quelque chose de Women de Cukor (pour confidence, c’était le film qu’Ozon voulait adapter à l’origine. Mais les droits sont déjà retenus).

En ce qui concerne les couleurs du film, François Ozon tenait à s’approcher le plus possible du technicolor. De ce fait, le film en déborde. Ledoyen est rose bonbon (façon Parapluie de Cherbourg), Ardant est rouge vif alors que Deneuve est vert sombre dans une robe très Dior… D’ailleurs, une fleur est attribuée à chacun des personnages. De la marguerite, à l’orchidée, en passant bien sûr par la rose. Danièle Darrieux est une violette, mais elle n’est pas pour autant la moins mauvaise. Ce film est ainsi très flashy, autant dire que c’est une immense kitscherie !

Et ce n’est pas fini, nos actrices chantent ! Deneuve interprète Sylvie Vartan (Toi jamais), Huppert Françoise Hardy (Message personnel), Ledoyen Marie Laforet (Mon amour mon ami), Firmine Richard Dalida (Pour ne pas vivre seul), Darrieux un poème d’Aragon mis en musique par Brassens (Il n’y a pas d’amours heureux) … Cependant les chansons sont le point faible du film car souvent mal interprétées (même si elles rajoutent au côté kitsch du film). C’est dommage car si Ozon avait laissé plus de temps à ses actrices, toutes les chansons auraient fonctionné. C’est son défaut, récurrent dans presque tous ses films : il va trop vite. Tous les ans, il en sort un nouveau, et bien souvent légèrement bâclé. C’est vraiment dommage, car Ozon serait capable de faire un chef d’œuvre.

En tout cas sa signature se traduit incontestablement par la dose de perversion qu’il met dans ses films (à l'exception de Sous le sable). La même qu’il y avait dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes entre Léopold (B. Giraudeau) et Franz (M. Zidi) : cette délectation à la destruction de l’innocence. Il traite à chaque fois de l’impossible pureté des êtres, que ce soit de façon comique (Sitcom) ou de façon dérangeante (Regarde la mer). Dans 8 femmes, il s’applique à dépecer ses personnages, à défaire leur image angélique, pour mettre à nu leur véritable nature. C’est pervers dans la mesure où il s’attache d’abord à les diviniser en les apparentant aux déesses hollywoodiennes avant de les démonter. Il y a vraiment quelque chose de l’ordre de la coquinerie, de la malice. C’est ce qui est excitant chez François Ozon.

Au final 8 femmes est le film à voir de ce début d’année. François Ozon est le réalisateur qui monte. Après s’être offert Charlotte Rampling, il réunit aujourd’hui les plus grandes stars françaises. Son film est un petit bijou qu’il ne faut pas rater. On chante, on danse, et surtout on rit.

Xavier

 

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filmographie: 1997: Regarde la mer / 1998 : Sitcom / 1999 : les amants criminels / 2000 : Gouttes d'eau sur pierres brûlantes / 2001 : Sous le sable / 2002 : 8 femmes
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