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8 femmes
Catherine Deneuve, Isabelle Huppert,
Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie
Ledoyen, Danielle Darrieux, Ludivine Sagnier,
et Firmine Richard en huit clos rétro et délirant
pour notre plus grande joie
Les années 50 en hiver, une demeure isolée
en pleine campagne. A l’intérieur : une grande
famille, composée d’un homme, riche, et de
huit femmes : sa sœur, sa femme, sa belle
sœur, sa belle-mère, ses deux filles, et les
deux domestiques.
Un beau matin, proche de Noël, un drame
épouvantable. Le maître de maison est
assassiné et parmi ces huit femmes, l’une
est coupable. La neige les empêche de sortir,
le téléphone est coupé, elles sont donc
seules, enfermées, entre elles.
Alors, c’est le début des suspicions, des
accusations, des haines qui resurgissent,
des jalousies, des cruautés, et des vérités
qui éclatent.
Le dernier film de François Ozon est une
véritable comédie de boulevard, adaptée de la
pièce policière écrite par Robert Thomas
dans les années 60, dont il ne conserve que
l’intrigue. Il la transforme en partie de Cluédo
vaudevillesque jouée par les reines du
cinéma français. Un coktail explosif. Pourtant
le risque était grand de ne pouvoir porter le
film. Ozon y parvient parfaitement et son film
est une réussite. Les répliques sont acerbes,
le texte excellent, c’est un bonheur.
Esthétiquement il s’inspire des grandes
productions hollywoodiennes des années 40
et 50. Les costumes y font tous référence.
Certains personnages aussi : Isabelle
Huppert nous réserve ainsi une descente
d’escalier à la Rita Hayworth (Gilda).
Fanny Ardant s’en inspire également dans la
manière dont elle retire ses gants. Le
personnage d’Emmanuelle Béart vient de
celui de Jeanne Moreau dans Le journal
d’une femme de chambre de Buñuel.
Ludivine Sagnier de Sandra Dee dans
Mirage de la vie de Douglas Sirk,
Firmine Richard de Ella Fitzgerald. Et le film
en général a quelque chose de
Women de Cukor (pour confidence,
c’était le film qu’Ozon voulait adapter à
l’origine. Mais les droits sont déjà
retenus).
En ce qui concerne les couleurs du film,
François Ozon tenait à s’approcher le plus
possible du technicolor. De ce fait, le film en
déborde. Ledoyen est rose bonbon (façon
Parapluie de Cherbourg), Ardant est
rouge vif alors que Deneuve est vert sombre
dans une robe très Dior… D’ailleurs, une fleur
est attribuée à chacun des personnages. De
la marguerite, à l’orchidée, en passant bien
sûr par la rose. Danièle Darrieux est une
violette, mais elle n’est pas pour autant la
moins mauvaise. Ce film est ainsi très flashy,
autant dire que c’est une immense kitscherie
!
Et ce n’est pas fini, nos actrices chantent !
Deneuve interprète Sylvie Vartan (Toi jamais),
Huppert Françoise Hardy (Message
personnel), Ledoyen Marie Laforet (Mon
amour mon ami), Firmine Richard Dalida
(Pour ne pas vivre seul), Darrieux un poème
d’Aragon mis en musique par Brassens (Il n’y
a pas d’amours heureux) … Cependant les
chansons sont le point faible du film car
souvent mal interprétées (même si elles
rajoutent au côté kitsch du film). C’est
dommage car si Ozon avait laissé plus de
temps à ses actrices, toutes les chansons
auraient fonctionné. C’est son défaut,
récurrent dans presque tous ses films : il va
trop vite. Tous les ans, il en sort un nouveau,
et bien souvent légèrement bâclé. C’est
vraiment dommage, car Ozon serait capable
de faire un chef d’œuvre.
En tout cas sa signature se traduit
incontestablement par la dose de perversion
qu’il met dans ses films (à l'exception de Sous le sable). La
même qu’il y avait dans Gouttes d’eau sur pierres
brûlantes entre Léopold (B. Giraudeau) et
Franz (M. Zidi) : cette délectation à la
destruction de l’innocence. Il traite à chaque
fois de l’impossible pureté des êtres, que ce
soit de façon comique (Sitcom) ou de
façon dérangeante (Regarde la mer).
Dans 8 femmes, il s’applique à
dépecer ses personnages, à défaire leur
image angélique, pour mettre à nu leur
véritable nature. C’est pervers dans la mesure
où il s’attache d’abord à les diviniser en les
apparentant aux déesses hollywoodiennes
avant de les démonter. Il y a vraiment quelque
chose de l’ordre de la coquinerie, de la
malice. C’est ce qui est excitant chez François
Ozon.
Au final 8 femmes est le film à voir de
ce début d’année. François Ozon est le
réalisateur qui monte. Après s’être offert
Charlotte Rampling, il réunit aujourd’hui les
plus grandes stars françaises. Son film est un
petit bijou qu’il ne faut pas rater. On chante, on
danse, et surtout on rit.
Xavier
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filmographie:
1997: Regarde la mer / 1998 : Sitcom / 1999 :
les amants criminels / 2000 : Gouttes d'eau
sur pierres brûlantes / 2001 : Sous le sable /
2002 : 8 femmes
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